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crise sans fin - Page 2

  • Necronomie Power

    1. necro_edited.jpgDans nos cités d’Europe moribondes, où s’épuisent jusqu’à leurs derniers contacts les races, les lignées et les âges, vous rencontrerez, mêlées dans la même poussière, les victimes des grands phénomènes économiques et celles des drames individuels. Mais il en existe d’autres, plus silencieux, plus difficiles à nommer : les amants des longs sommeils sans rêve, ceux qu’un mal sans visage ronge lentement, et pour lesquels le bonheur ne signifie plus qu’une étrange Mort-dans-la-Vie.

    Et surtout, au fond du champ clos du corps obscur, s’affrontent sans trêve les deux immortels ennemis : le vouloir-vivre et le non-agir, la volupté des puissances conquérantes et les voluptés plus perfides du vouloir qui s’éteint, comme un soleil malade dans les funèbres couchants de l’esprit.

    Chez les hommes triplement marqués de mon signe, vous retrouverez les traces de cette antinomie à tous les degrés de l’échelle humaine. Depuis les avachis héréditaires, pour lesquels le recours aux drogues n’est souvent qu’une réaction instinctive contre le non-sens d’une existence déjà tarie, jusqu’aux êtres dont la sensibilité suraiguë transforme chaque contradiction intérieure en catastrophe métaphysique.

    Car certains êtres portent en eux deux mondes ennemis. Leur conscience devient tour à tour exaltation fulgurante et douleur absolue ; elle monte vers des régions où l’esprit semble toucher le ciel, puis retombe dans des abîmes où toute lumière paraît mensonge.

    Chez quelques prédestinés, cette crise atteint une intensité monstrueuse. Non qu’ils soient monstrueux par leurs actes, mais parce qu’ils portent au fond d’eux-mêmes leur propre condamnation : un élément surhumain qui excède leur époque, la contredit, la dévore. Fulgurations de l’intelligence, visions qui brûlent la raison, énergie physique démesurée : il suffit parfois d’un seul de ces dons pour désaxer magnifiquement toute une existence.

    Alors commence le scandale.

    Parce que ces êtres ne peuvent plus se conformer au jugement universel du commun, leurs gestes deviennent irréductibles aux catégories ordinaires. La société, incapable de comprendre ce qui la dépasse, se protège par le vieux rite de l’exclusion. Elle trace autour du maudit un cercle invisible ; elle l’enferme dans sa différence...

    Ils ignorent pourtant que les psychiatres des démocraties de Marché ont donné le nom de cyclothymiques économiques à certains de ces êtres dont l’existence semble gouvernée par une mécanique infernale : alternance des états bas et des états hauts, enthousiasme et dépression, illumination et nuit, expansion de l’être et désir d’abolition.

    Mais celui qui a connu la profondeur véritable de ces dépressions économiques sait qu’elles ne ressemblent pas à une simple tristesse. Elles sont une descente. Un effondrement des significations. Une chambre intérieure où chaque pensée devient pierre, où le temps lui-même paraît avoir renoncé à avancer.

    Et souvent, lorsque la nuit devient totale, l’esprit commence à considérer le suicide économique non comme une délivrance, mais comme la dernière porte encore visible dans le mur.

    C’est ici que s’ouvre notre seuil.

    Car nous ne fonctionnons déjà plus selon les anciennes économies du monde. Nous entrons dans le règne de la Nécronomie future : non pas le culte vulgaire de la mort économique mais l’organisation nouvelle d’une civilisation où le déclin, l’épuisement, la fascination du néant et la volonté de puissance cessent d’être des accidents pour devenir les forces mêmes qui gouvernent les hommes.

    La Nécronomie vient.

    Et ceux qui l’ont pressentie vivent déjà dans son ombre.

     

  • Culture change

    amazon (1).jpgChangement d’herbage réjouit les veaux d’or

    chez Amazon, qui a annoncé 30 000 licenciements cette année. Les cadres dirigeants, à l'origine de cette décision, ont ensuite déclaré haut et fort à la presse que l'automatisation n'y était pour rien, mais qu'il s'agissait d'un « culture change », d'un changement de culture de l'entreprise....

     

    Amazon en fournit une illustration presque parfaite. L’entreprise a annoncé des dizaines de milliers de suppressions de postes, tandis que ses dirigeants ont expliqué que l’automatisation n’en était pas directement responsable. Il s’agirait plutôt d’un « culture change », d’un changement de culture.

    Mais de quelle culture parle-t-on ?

    Peut-être de la culture du travail elle-même.

    Une entreprise gigantesque comme Amazon n’est pas seulement une machine à vendre des marchandises. C’est une organisation de pouvoir, une pyramide humaine dans laquelle se négocient chaque jour l’obéissance, la contestation, la rémunération et la possibilité même de faire entendre sa voix.

    Réduire brutalement cette masse salariale, ce n’est donc pas seulement modifier une feuille Excel.

    C’est déplacer le centre de gravité du pouvoir.

    L’IA apparaît alors sous un autre visage. Elle n’est plus simplement l’outil merveilleux promis par les prospectivistes. Elle devient l’instrument idéologique d’une nouvelle guerre sociale, une machine à rendre acceptable ce qui, hier encore, aurait été présenté comme une mesure de réduction des coûts.

    La vieille histoire du capitalisme se poursuit, mais elle a changé de vocabulaire.

    On ne dit plus : « nous n’avons plus besoin de vous ».

    On dit : « nous entrons dans une nouvelle ère ».

    Et dans cette nouvelle ère, il faudra surtout apprendre à reconnaître ceux qui seront autorisés à parler, ceux qui seront chargés de décider, et ceux dont la disparition sera présentée comme une preuve de progrès.

  • Holidays in 93

    Jjean pierre crepin economiste et écrivainPC en vacances chez lui bien défoncé à la vodka Beluga  (encore en vente libre ) travaillant à son dernier livre " Le testament nécronomique sous ordonnance " avec le Docteur Benway.

    Bon pour finir une note d'humour avec la photo de la porte d'entrée de mon immeuble. Ce matin, un jeune couple résidant depuis deux jours est venu me demander si ça craignait pas un tir de balle...Je les ai rassuré

    " Mais non au contraire, c'est un message de bienvenue, c'est un peu comme le collier de fleurs chez les tahitiens.."

    20260803_171945 (1)porte.jpg

     

    Une réplique à la MC Circulaire pas vrai Reprise des chaussettes ?